La Crise comme seul bouclier de Sarkozy.

Publié le par NicQ

2012 : contre Hollande, Sarkozy se servira de la crise

Pour battre le finaliste de la primaire PS, le Président l'attaquera sur la crise, réutilisant aussi la pique d'Aubry sur l'inexpérience d'Hollande.


Nicolas Sarkozy sur la victoire de François Hollande à la primaire PS (Bauer)

Ouf, c'est fini. Les socialistes ne sont pas les seuls à respirer. A l'UMP ou à l'Elysée, on est également soulagé. La primaire a été dévastatrice pour la droite :

  • elle s'est bien déroulée ;
  • elle a débouché sur un candidat « bien élu », c'est-à-dire nettement ;
  • elle est saluée unanimement comme un bel exercice démocratique ;
  • elle a permis aux socialistes de peaufiner leur plan d'attaque pour la conquête de l'Elysée ;
  • elle a permis au PS de saturer l'espace médiatique pendant plusieurs semaines... (Sarkozy s'en est désolé le 11 octobre dernier) ;
  • elle a donné de l'épaisseur à leur candidat finalement choisi ;
  • elle a permis d'effacer l'affaire Strauss-Kahn qui tombait pourtant, pour la droite, à pic.

Sarkozy devrait rejouer « moi ou le chaos (financier) »

Maintenant, c'est l'heure de la contre-offensive. Nicolas Sarkozy n'est pas encore candidat officiel, mais il a enfin un adversaire face à lui, en chair et en os.

Il va pouvoir examiner ses faiblesses, et la meilleure façon de se positionner. Il a une belle carte dans son jeu : les heures que doivent désormais à la droite, au regard des règles du CSA, les chaînes de télévision.

Lors de sa visite à Rue89, Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe de l'UMP, a estimé ce retard à 200 heures. Elle imaginait déjà d'utiliser ces heures sous forme d'émissions de débat entre ténors de la majorité...

Selon le Journal du dimanche, Nicolas Sarkozy a déjà un projet en tête : organiser le 24 octobre une grande émission, dont il serait l'invité principal, consacrée à la crise économique et financière. Une sorte d'anti-« vive la crise », cette drôle d'émission de 1984.

Selon le JDD, le chef de l'Etat répondra depuis l'Elysée et pendant une heure aux questions d'Yves Calvi (France 2) et de Jean-Pierre Pernaut (TF1).

Le message qu'il va marteler

Ce n'est pas un hasard si Nicolas Sarkozy entre dans la campagne par le thème de la crise : c'est ainsi qu'il compte, malgré son impopularité, être réélu.

Le message qu'il va essayer de faire passer :

  • Je suis le plus compétent pour piloter la France à travers les bourrasques qui s'annoncent. On ne change pas un général pendant une bataille.
  • Je connais le dossier complexe de la crise financière, des « subprimes » à la crise de la dette souveraine grecque, sur le bout de mes doigts.
  • Je connais bien Angela Merkel, Barack Obama, je sais comment négocier avec eux. Pendant la crise « la plus grave depuis les années 30 », il faut un exécutif dur, pas une gauche molle.
  • Mon adversaire socialiste, François Hollande, n'a aucune expérience : Martine Aubry l'a même attaqué sur ce terrain pendant la campagne.

Mais ce qui risque de manquer à Nicolas Sarkozy, face à François Hollande, c'est un discours qui ait du souffle. Hollande arrive gonflé à bloc, avec des idées nouvelles et il surfe sur un thème de campagne souriant : donner la priorité à la jeunesse, aller vers « le rêve français ».

Nicolas Sarkozy lui, doit traîner comme des boulets à la fois un bilan très négatif et un cortège de scandales.

Deux voies : les peurs ou les valeurs

Nicolas Sarkozy va devoir choisir entre deux voies pour sa campagne. La première est celle qu'incarne Claude Guéant, le ministère de l'Intérieur et Patrick Buisson, un des conseillers du Président : jouer sur les peurs des Français en attisant par exemple le débat sur la sécurité. L'objectif serait de siphonner de nouveau les voix du Front national tout en ralliant les centristes les plus conservateurs et craintifs.

La seconde voie est celle que privilégie son conseiller Henri Guaino : donner un élan positif à sa campagne non pas en attisant les peurs, mais en glorifiant les valeurs « républicaines » de la droite – le travail, le mérite, l'effort . Au passage, conseille Guaino, il faudra aussi fustiger la déconnexion entre les responsables du PS, ce parti de bourgeois, et le peuple. Enfin, il s'agira de mener la campagne sur quelques mesures concrètes et fortes (comme le fut par exemple le cas du RSA en 2007)...

L'approche sécuritaire ne dit rien qui vaille à Guaino : il n'a pas hésité récemment, par exemple, à condamner le discours prononcé par son patron à Grenoble sur le sujet. Pour lui, c'est par un discours républicain fort qu'il sera possible de concurrencer le FN, pas en se laissant glisser vers ses thèses.

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Publié dans Au pays de Sarko

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